Landebaëron et Magu-Tid

Saint Maudez est un saint breton ayant vécu au Ve ou VIe siècle qui fait partie des saints bretons plus ou moins mythiques non reconnus officiellement par l’église catholique. Ce saint est également appelé Maudé, Maudet (en gallo), Maodez ou Modez (en breton) et Mawes (en cornique) ou encore Mandé (voir le toponyme Saint-Mandé). Selon le calendrier breton il est fêté 18 novembre.

Hagiographie

Le nom “Maudez” vient du vieux celtique Magu-Tid, serviteur de Dieu.

Donné comme Irlandais d’origine, Saint Maudez est selon son hagiographie bretonne, le dernier des dix enfants du roi Ercleus et de la reine Getuse. Élevé par ses parents jusqu’à l’âge de sept ans, il passe les dix années suivantes dans un monastère puis est ordonné prêtre. De retour à la cour de son père, il aurait réformé les mœurs dissolues de la cour par sa vie exemplaire et ses prédications. Mais ne pouvant trouver la quiétude parmi les tracas de la cour, il s’embarque pour la Bretagne Armoricaine qu’il atteint au troisième jour de mer. Issu de l’émigration bretonne en Armorique, il aurait débarqué à Port-Béni près de Pleubian où il se serait établi, avec ses deux compagnons Budoc et Tudi, en un lieu nommé Lesvanalec, le château de la genêtière, et devenu par la suite Saint-Maudez en Pleumeur-Gautier. Il aurait obtenu du père abbé, saint Ruelin, le droit de s’établir dans un lieu solitaire situé ente les estuaires du Jaudy et du Trieux connu actuellement sous le nom de Lanmodez (“sanctuaire de Modez ou Maudez“), dans l’actuel département des Côtes-d’Armor, où les pèlerins venaient écouter son enseignement. Il y guérissait les sourds, les aveugles et les paralytiques.

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C’est surtout en Bretagne armoricaine que son culte est attesté avec une prédominance de la côte du Trégor où il est réputé avoir créé au Ve siècle dans une île, Gueit Enez, connue aujourd’hui sous le nom d’île Maudez, un monastère proche de l’île de Bréhat. Le monachisme dans les îles est typique du christianisme celtique du VIe siècle au XIe siècle. Il fut inhumé sur cette île.

Il s’y installe avec deux disciples, Saint Budoc et saint Tudy (Saint Tugdual). Il en chasse les nombreux serpents et c’est pourquoi il est invoqué pour se défendre contre tout ce qui rampe (reptiles, insectes, vers). On peut effectivement voir dans l’île la trace d’une implantation et une sorte d’abri individuel cylindrique en pierre, appelé Forn Modez (le four de Maudez) rappelant les « ruches » qu’on trouve en Irlande sur l’île de Skellig.

Au IXe siècle, ses reliques sont transportées à la cathédrale de Bourges pour fuir l’arrivée des Normands, ainsi qu’à Saint-Mandé (Saint-Maudez), près de Paris. Rapportées en Bretagne, elles sont réparties entre neuf églises dont la cathédrale de Quimper, Châteaulin, Le Juch, l’hôpital de Lesneven, ..

Sa sœur, sainte Juvelte (ou sainte Juvette) est également honorée, en particulier à Henvic (Finistère) où la “Vieille église”, ainsi que l’actuelle, leur sont consacrées et où un diptyque de style gothique énumère, sous leurs statues, leurs miracles respectifs : saint Maudez guérissant les infirmes, recevant la bénédiction de son père, délivrant un possédé, rendant la vue à un aveugle et sainte Juvette ressuscitant un seigneur, délivrant des possédés, des “fols”, des enragés, donnant la vue à des aveugles, l’ouïe aux sourds et la parole aux muets, défendant aux oiseaux et bêtes « d’endommager le bled des pauvres gens ».

This church is dedicated to him.